Affaire Manchester City: le club fait appel, la Fédération pointe des "conséquences majeures"
Jugé coupable de "graves" infractions financières, Manchester City a annoncé vendredi avoir fait appel dans cette affaire aux "conséquences majeures pour l'intégrité du football" selon la Fédération anglaise.
Le club multititré du nord de l'Angleterre avait jusqu'à vendredi pour faire appel du verdict de culpabilité rendu public mardi par une commission indépendante mandatée par la Premier League.
Il a annoncé dans un communiqué l'avoir fait dès jeudi soir, redisant son innocence des infractions financières qui lui sont reprochées sur la période 2009-2018.
Le club détenu par un fonds emirati a été jugé coupable d'avoir notamment gonflé artificiellement ses revenus et minoré ses coûts de plus de 900 millions de livres (plus d'un milliard d'euros).
Dans son communiqué, City a pointé des "erreurs manifestes et substantielles de droit, de principe et de fait" dans le verdict, annonçant disposer d'un "ensemble complet de preuves irréfutables (...) à l'appui de ses positions".
Une sanction doit encore être prononcée, à une date non précisée mais la formation détenue par Cheikh Mansour ben Zayed al-Nahyane, membre de la famille royale des Emirats arabes unis, risque dans le scénario le plus sévère la perte de plusieurs titres et l'exclusion du championnat.
Depuis son passage sous pavillon émirati en 2008, Manchester City a remporté huit titres en Premier League et la Ligue des champions en 2023, en effectant notamment des investissements massifs sur le marché des transferts.
L'affaire a provoqué une onde de choc dans le football anglais aussi bien chez les fans des Cityzens que chez leurs adversaires, dont plusieurs ont réclamé la restitution des titres remportés par les Mancuniens.
La Fédération anglaise est sortie de son silence vendredi matin pour estimer que les violations des règlements financiers par Manchester City avaient eu des "conséquences majeures pour l'intégrité" du football.
- Répercussions géopolitiques -
L'instance a précisé dans un communiqué qu'elle "analysait avec attention les conclusions (de l'enquête menée par la Premier League) et ses implications" afin de prendre les mesures appropriées.
Le verdict pourrait avoir aussi des répercussions géopolitiques, venant ternir la réussite d'un club qui est l'une des plus éclatantes vitrines du "soft power" d'Abou Dhabi, avec qui le Royaume-Uni entretient des liens de longue date.
La compagnie aérienne émiratie Etihad, partenaire principal de Manchester City, a vivement critiqué le verdict jeudi.
Le parraineur maillot, qui a donné aussi son nom au stade mancunien, a "catégoriquement" rejeté "toute affirmation, conclusion ou insinuation" suggérant qu'elle "aurait été impliquée dans des accords commerciaux irréguliers".
Alors que le Premier ministre Andy Burnham, ancien maire du Grand Manchester, avait salué mercredi les investissements des propriétaires émiratis du club, Downing Street a tempéré ce soutien en assurant jeudi que Manchester City n'était pas "au-dessus des règles".
W.Fortin--SMC