Les marchés mondiaux portés par l'espoir d'un accord imminent entre Washington et Téhéran
Les Bourses mondiales grimpent vendredi, galvanisées par la chute des prix du pétrole avec les espoirs d'un accord de paix imminent entre Washington et Téhéran, tandis que les investisseurs attendent les premiers pas de SpaceX sur le Nasdaq pour la plus importante introduction en Bourse de l'histoire.
"Les dernières 24 heures ont été marquées par un renversement spectaculaire de la trajectoire du conflit entre les États-Unis et l'Iran: les espoirs croissants d'un accord ont fait chuter" le prix du pétrole, résume Jim Reid, économiste de la Deustche Bank, poussant les prix du brut à leur plus bas depuis près de deux mois.
Vers 11H30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, la référence mondiale, perdait encore 3,32% à 87,38 dollars, et celui de WTI, son équivalent américain, cédait 3,41% à 84,72 dollars.
Donald Trump a annulé jeudi les frappes américaines qu'il avait menacé de lancer dans la soirée contre l'Iran, assurant qu'un terrain d'entente avait été trouvé.
"Nous venons de trouver un très bon accord pour mettre fin à la guerre avec l'Iran et, une fois les documents finalisés, ce qui devrait être fait dans les prochains jours, nous aurons probablement une signature, peut-être en Europe", a déclaré le président américain depuis le Bureau ovale.
"Ce type d'annonces s'est déjà multiplié par le passé, mais le marché y croit", affirme Neil Wilson, de Saxo Markets.
Moins optimiste, Fawad Razaqzada de Forex.com estime que l'ampleur des mouvements sur les marchés pétroliers et boursiers "reste étonnamment limitée pour ce qui constituerait pourtant une avancée géopolitique majeure".
La diplomatie iranienne a en effet assuré que Téhéran n'avait pas encore décidé s'il était prêt à signer l'accord.
L'agence de presse iranienne officielle Irna a aussi affirmé que Téhéran ne renoncerait pas au contrôle du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour les hydrocarbures, aux termes d'un projet d’accord-cadre avec Washington et campera sur son droit à l'enrichissement nucléaire.
"De nombreuses autres questions nécessitent encore des réponses détaillées, notamment celle de savoir si cet accord constitue simplement une prolongation du cessez-le-feu expiré ou un véritable accord de paix permanent", rappelle Tamas Varga, analyste de PVM Oil Associates.
Les Bourses en fanfare
Les marchés d'actions progressent fortement, "les investisseurs se montrant plus optimistes quant aux perspectives à court terme grâce à la perspective d'une inflation plus faible et d'un nombre réduit de hausses de taux" des grandes banques centrales, poursuit Jim Reid.
Vers 11H30 GMT, la Bourse de Paris prenait 1,86%, Francfort 1,73% et Milan 1,95%.
Londres montait nettement également (+1,24%) mais restait derrière ses homologues en raison de sa corrélation avec les prix du brut. L'indice FTSE 100, fortement exposé aux valeurs énergétiques, souffrait notamment des reculs de BP (-4,35%) et Shell (-3,28%). La baisse des cours du pétrole pèse mécaniquement sur les perspectives de bénéfices de ces groupes.
A Milan, Eni dévissait de 4,02% et à Paris, TotalEnergies perdait 3,55%.
Les places asiatiques s'affichent aussi en forte hausse, profitant pleinement de la détente sur les marchés pétroliers.
A la Bourse de Tokyo, l'indice phare Nikkei a gagné 2,84%. A Séoul, l'indice de référence Kospi s'est envolé de 4,63%. Leurs voisines Shanghai (+1,25%) ou encore Taïwan (+2,36%) et Hong Kong (+1,93%) ont aussi terminé en hausse.
Décollage historique et imminent de SpaceX
Les contrats à terme des principaux indices boursiers à Wall Street pointent également vers une ouverture dans le vert, avec la très attendue introduction en Bourse de SpaceX.
L'entreprise a confirmé jeudi son objectif de lever 75 milliards de dollars lors de l'opération, soit le triple de la plus importante entrée en Bourse de l'histoire, celle du pétrolier Saudi Aramco en 2019.
SpaceX est désormais valorisé 1.765 milliards de dollars, soit l'une des dix plus grosses capitalisations boursières du monde.
"Cette journée pourrait entrer dans l'histoire" comme celle où Elon Musk deviendrait la première personne à franchir la barre symbolique des 1.000 milliards de dollars, abonde Ipek Ozkardeskaya, analyste à Swissquote.
Mais "la véritable question est de savoir si SpaceX pourra maintenir une telle valorisation à l'avenir, notamment au moment de la publication de ses résultats financiers" rappelle Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
A.Gagnon--SMC