Yum! Brands vend la chaîne Pizza Hut, en perte de vitesse, pour 2,7 milliards de dollars
Le groupe Yum! Brands a annoncé mardi la cession, pour 2,7 milliards de dollars, de la chaîne de restauration rapide Pizza Hut, en perte de vitesse depuis plusieurs années et dépassée notamment par son concurrent Domino's.
Le réseau hors Chine continentale va être racheté par la société de capital-investissement LongRange Capital pour 1,5 milliard de dollars, tandis que les activités chinoises seront reprises pour 1,2 milliard par Yum China, scindé de Yum! Brands en 2016.
Créé en 1958 à Wichita (Kansas), Pizza Hut est devenu le symbole de la pizza en restauration rapide et une marque célèbre bien au-delà des frontières américaines.
PepsiCo l'a racheté en 1977, avant de la loger, en 1997, dans une nouvelle société, Tricon Global Restaurants (devenue Yum! Brands en 2002), qui comprenait également les chaînes Taco Bell et Kentucky Fried Chicken.
Encore leader sur le marché de la pizza au début des années 2000, Pizza Hut a vu sa position s'éroder progressivement.
Ses principaux concurrents, Domino's et Papa John's, avaient pour eux une stratégie orientée sur la pizza à emporter et la livraison, alors que le modèle initial de Pizza Hut reposait en grande partie sur la consommation sur place.
Autre point saillant, les deux marques émergentes appartenaient chacune à des groupes indépendants avec un seul actif, à la différence de Pizza Hut, filiale d'un conglomérat dont il n'était pas la priorité.
Pizza Hut a aussi souffert de la montée en puissance d'autres chaînes de restauration rapide, en particulier autour du poulet et de la nourriture tex mex, de Popeye's à Chipotle.
Depuis 2019, Pizza Hut a fermé des centaines de succursales, souvent celles comprenant une salle, afin de privilégier les sites dédiés à la vente à emporter.
"Pizza Hut est le maillon faible du portefeuille de marques de Yum depuis longtemps", a commenté Neil Saunders, directeur du cabinet GlobalData.
En 2025, son chiffre d'affaires a diminué de 1% à périmètre comparable, mais la chaîne reste largement bénéficiaire.
"Il était devenu de plus en plus clair que pour renouer avec la croissance, cette entité allait nécessiter un niveau d'investissement et de patience sur lequel Yum ne voulait pas s'engager", estime Neil Saunders.
M.Anderson--SMC