Népal: humanitaire, sanitaire, énergétique... les défis après la crue dévastatrice
Les défis s'amoncellent au Népal trois jours après la crue dévastatrice qui a laissé un paysage de désolation à la frontière avec la Chine, entre aide humanitaire espérée, système hospitalier sous pression et réseau électrique diminué.
A ce stade, la catastrophe a fait au moins 626 morts et 2.426 disparus dans le pays himalayen. Le gouvernement a sollicité l'aide internationale face à de "lourdes pertes humaines et matérielles", alors que l'ampleur des dégâts n'est pas encore établie et que des risques de nouvelles inondations subsistent.
- Des dizaines de milliers de sinistrés -
Jusqu'à 93.000 personnes pourraient avoir été sinistrées par ce cataclysme survenu mercredi selon la Croix-Rouge, évoquant un "traumatisme énorme".
Des localités entières ont été rasées, laissant des familles sans domicile ou réfugiées dans des abris temporaires.
D'après l'organisation, des milliers de maisons ont été détruites ou lourdement endommagées, tandis que des dizaines de routes, de ponts et d'autres infrastructures essentielles ont également été gravement affectées.
Au moins 18 écoles ont été démolies et 20 autres ont subi des dégâts, concernant environ 10.000 élèves, a indiqué le Fonds des Nations unies pour l'enfance.
- Enjeu politique -
Le désastre a frappé quelques jours avant l'anniversaire des manifestations anticorruption des 8 et 9 septembre 2025, qui avaient abouti au renversement du gouvernement alors en place.
Le pays de 30 millions d'habitants est actuellement dirigé par le Premier ministre Balendra Shah, un rappeur devenu politique de 36 ans.
"Balen", ancien maire de la capitale Katmandou, a vu sa position consolidée par la victoire écrasante de son Parti national indépendant aux législatives de mars, propulsé par un ardent désir populaire de changement.
Son jeune gouvernement a maintenant la lourde tâche de gérer les conséquences de cette catastrophe, et de lancer la reconstruction.
- Economie sous pression -
L'économie népalaise est déjà sous tension, les ressources mobilisables pour répondre à la crise sont limitées.
La Banque mondiale estime que 82% de la main-d'œuvre nationale travaille dans le secteur informel. Quant à son Produit intérieur brut (PIB), jusqu'à un tiers provient des transferts depuis l'étranger, notamment des expatriés dans les pays du Golfe.
Le tourisme représente 6,4% de son PIB et environ 15% des emplois, selon la Banque mondiale. Or, la région touchée attire d'ordinaire des randonneurs et des alpinistes du monde entier, ainsi que des pèlerins hindous et bouddhistes tibétains.
- Risque sanitaire -
Trois centres de santé ont été détruits, un hôpital partiellement détruit et l'accès à deux autres est perturbé, a rapporté l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).
"Les déplacements, la surpopulation, la détérioration des systèmes d'eau et d'assainissement et la perturbation des services de santé pourraient augmenter le risque de maladies transmissibles", a-t-elle mis en garde.
- 10% de perte de production d'électricité -
L'autorité responsable de l'électricité au Népal a fait savoir qu'11 centrales hydroélectriques et une solaire, pour une capacité combinée de 431.1 mégawatts, avaient cessé de fonctionner.
Cela représente environ 10% des capacités de génération électrique nationales, de même source.
De plus, 15 infrastructures énergétiques en construction, pour une capacité annoncée de 470 MW, ont été endommagées, et 900 employés du secteur hydroélectrique sont portés disparus.
A.Landry--SMC