Des militaires libanais et israéliens à Washington, nouvelles frappes israéliennes
Des militaires libanais et israéliens tiennent vendredi une première réunion à Washington, au cours de laquelle Beyrouth va réclamer en priorité l'arrêt des frappes d'Israël qui s'intensifient dans le sud du pays, parallèlement à l'offensive terrestre.
La réunion se tient en pleines négociations entre les Etats-Unis et l'Iran, qui veut inclure le front libanais du conflit dans tout accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
L'armée israélienne a lancé vendredi un ordre d'évacuation pour sept localités, dont au moins deux situées à une quarantaine de km au nord de la frontière, provoquant un exode massif des habitants, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
Dans le même temps, les frappes se sont poursuivies sur plusieurs localités du sud, selon l'Ani et des correspondants de l'AFP, Israël affirmant viser le Hezbollah pro-iranien.
La veille, des bombardements avaient visé une zone proche de la capitale libanaise, ainsi que la grande ville de Saïda et la cité millénaire de Tyr, faisant au moins 17 morts.
Les frappes israéliennes sur le sud du Liban mettent en "danger sérieux" d'importants sites archéologiques, dont les ruines de Tyr et la forteresse médiévale de Beaufort, a alerté vendredi le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé.
Depuis le début de la guerre le 2 mars, les frappes ont tué au Liban 3.324 personnes et fait plus d'un million de déplacés, selon les autorités.
Sur la seule semaine écoulée, 15 enfants ont été tués et 62 blessés, d'après le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), et depuis le début le 17 avril du cessez-le-feu, ils sont 55 à avoir péri dans des bombardements.
- Messages aux habitants -
Israël a intensifié ces derniers jours son offensive terrestre et aérienne au Liban, avertissant qu'il considérait comme une "zone de combat" le territoire au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de km de la frontière.
A Marjayoun, les habitants ont reçu des messages sur leurs téléphones jeudi soir de l'armée israélienne, leur ordonnant de rester dans le périmètre de cette ville chrétienne, alors que les troupes avancent vers le village voisin de Debbine.
Un correspondant de l'AFP a vu des chars israéliens sur la route entre Marjayoun et Debbine.
A Washington, la délégation militaire libanaise va "insister sur la nécessité de mettre fin aux hostilités et présentera le plan de l'armée visant à étendre l'autorité de l'Etat sur le territoire libanais", a indiqué une source militaire à l'AFP.
La délégation libanaise à la réunion, qui se tient au Pentagone, est dirigée par le chef des opérations au sein de l'armée, le général Georges Rizkallah, et comprend six membres de "différentes spécialités", a-t-elle précisé.
Côté israélien, le général de brigade Amichaï Levin, chef de la division stratégique au sein de la direction de la planification de l'armée, est présent à Washington pour ces pourparlers, selon un porte-parole militaire israélien.
Les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, ont entamé en avril sous l'égide des Etats-Unis des négociations pour parvenir à un accord de sécurité.
Une nouvelle session est prévue les 2 et 3 juin à Washington.
Le Hezbollah est opposé à ces pourparlers et son bloc parlementaire a à nouveau appelé jeudi le Liban à se retirer des négociations, accusant Israël de vouloir "imposer une coordination sécuritaire" dirigée contre la formation pro-iranienne.
O.Ouellet--SMC