Guerre au Moyen-Orient: aucun progrès selon l'Iran, les négociations se passent "très bien" d'après Trump
L'Iran a affirmé mercredi qu'il n'y avait "aucun progrès tangible" dans les négociations avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, où les attaques reprennent dans la région du Golfe.
"Des messages ont été échangés concernant la nécessité de mettre fin à l'agression contre Beyrouth mais aucun progrès tangible n'a été réalisé dans le processus de négociation", a dit le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, en référence aux frappes israéliennes contre le Hezbollah pro-iranien au Liban.
Toute attaque contre la capitale libanaise entraînerait "une reprise à grande échelle de la guerre", a-t-il mis en garde dans une interview à la chaîne de télévision libanaise Al Mayadeen rapportée par l'agence iranienne Tasnim.
Ces propos contrastent avec ceux de Donald Trump tenus plus tard dans le Bureau ovale.
"On me dit que les négociations se passent très bien (...) Qui sait (...), cela (la fin des discussions) pourrait être ce week-end", a jugé le président américain.
Il a aussi déclaré vouloir "séparer" les discussions sur le Liban de celles sur l'Iran, alors que Téhéran considère qu'il s'agit d'un seul et même sujet.
Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a lui assuré devant une commission parlementaire américaine que la question de l'uranium enrichi était "clairement abordée", concédant toutefois que Téhéran n'avait pas donné son feu vert.
Le sort de l'uranium enrichi constitue l'un des points d'achoppement en vue d'un accord. Les Etats-Unis et Israël accusent l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique, ce qu'il réfute.
- Un mort au Koweït -
Plus tôt dans la journée, le Koweït avait accusé Téhéran d'avoir frappé son aéroport, première attaque meurtrière depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu de plus en plus fragilisé par des affrontements entre l'Iran et les Etats-Unis dans le Golfe.
La frappe de drones a fait un mort et 63 blessés, selon les autorités.
Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont démenti avoir attaqué l'aéroport.
Les hostilités ont repris ces derniers jours, en particulier autour du détroit d'Ormuz, stratégique voie maritime pour les hydrocarbures verrouillée par Téhéran.
Le Koweït a dit avoir été visé au total mercredi par 13 missiles balistiques et 17 drones iraniens.
"Les explosions se succédaient et étaient très proches des zones résidentielles. Pour la première fois, les enfants ont ressenti la gravité de la situation", a raconté à l'AFP Hassan Sheikh, un Pakistanais de 40 ans habitant non loin de l'aéroport.
Ces nouvelles attaques ont fait remonter les cours du pétrole à près de 100 dollars, après une détente la semaine dernière dans l'espoir d'un accord entre Téhéran et Washington pour mettre durablement fin au conflit.
Selon le commandement américain pour la région (Centcom), l'Iran a aussi tiré dans la nuit des missiles vers Bahreïn, provoquant en réponse des frappes américaines sur l'île iranienne de Qeshm, qui ont touché une tour de communication, selon Téhéran.
Les Gardiens de la Révolution ont quant à eux affirmé avoir ciblé une base aérienne au Koweït, et le siège de la Cinquième flotte navale américaine à Bahreïn en riposte à l'attaque sur Qeshm, et à celle d'un pétrolier iranien. Ils ont aussi dit avoir ciblé un navire lié à Israël et aux Etats-Unis.
La diplomatie iranienne a accusé le Koweït et Bahreïn de laisser Washington utiliser leur territoire pour agir contre l'Iran, ce que le Koweït a démenti, annonçant par ailleurs l'expulsion de deux membres de l'ambassade iranienne.
- Le nord d'Israël visé -
Une déclaration écrite de Mojtaba Khamenei est attendue jeudi, jour anniversaire de la mort du fondateur de la République islamique, Rouhollah Khomeini, qui donne lieu à une grande cérémonie autour de son mausolée.
Cette commémoration coïncide cette année avec l'une des principales fêtes chiites célébrée en masse dans les rues.
Alors que des délégations israéliennes et libanaises sont à nouveau réunies à Washington mercredi, des frappes israéliennes au Liban ont fait au moins neuf morts, dont un soldat et deux secouristes.
Marco Rubio a dit espérer que les négociations israélo-libanaises aboutissent à "un plan d'action" sur la sécurité au Liban.
Israël a de son côté annoncé avoir intercepté un "aéronef ennemi" et deux tirs venus du Liban, le Hezbollah revendiquant une attaque sur le sol israélien.
Alors que le Hezbollah s'oppose aux discussions entre le Liban et Israël, le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, assure lui qu'elles restent "l'option la moins coûteuse" pour son pays, entraîné dans la guerre régionale le 2 mars par des tirs du mouvement libanais sur le pays voisin.
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S.Clark--SMC