Ligue des champions: le Bayern s'impose à Madrid, Mbappé maintient l'espoir
Conquérant, le Bayern Munich a signé un succès de prestige (2-1) mercredi au stade Santiago-Bernabéu face au Real Madrid, battu mais encore en vie pour le quart de finale retour de la Ligue des champions grâce à la réduction du score de Kylian Mbappé.
Les grands joueurs sont faits pour les grands matchs, et celui de mardi soir en comptait assez pour que la nuit bascule dans l'irrationnel, comme au tour précédent face à Manchester City (3-0). Comme souvent, en fait, à Madrid.
Le football a cette fois respecté une certaine logique, en donnant un avantage certain au Bayern, venu déposer définitivement - et avec force - sa candidature pour remporter une septième couronne, mais pas suffisamment pour condamner le Real, et ses 15 trophées, à une deuxième saison sans titre majeur.
Il y aura bien une manche retour, mercredi prochain à Munich, et le Real le doit en grande partie à sa superstar française, autrice de son 39e but de la saison. Peut-être le plus important jusqu'ici.
- Mbappé fait plier Neuer -
Sur leur pelouse, les hommes d'Alvaro Arbeloa ont souffert d'entrée face à des Bavarois conquérants, qui auraient pu ouvrir le score très tôt, sur un coup franc de l'ailier français Michael Olise dévié par le jeune Dean Huijsen (6e) puis sur trois corners successifs dégagés difficilement (7e, 8e).
Le défenseur français Dayot Upamecano, bien rentré dans son match, a ensuite raté le genre d'occasions à ne pas manquer au Bernabéu, face au but, après une remise parfaite de l'Anglais Harry Kane (9e), de retour comme titulaire.
Son équipe n'en a, heureusement, pas directement payé le prix, grâce aux interventions décisives de l'éternel Manuel Neuer, 40 ans et 136 matchs de C1 au compteur, impérial devant Mbappé (17e, 29e) et Vinicius Jr (18e) et sur un centre dévié par Upamecano (25e).
Une nouvelle preuve que ce Real conserve une puissance de frappe unique en Europe, capable de sanctionner la moindre erreur ou perte de balle même lorsqu’il est inférieur dans le jeu.
L'international allemand Serge Gnabry, lui, n'a pas su profiter d'un cadeau du jeune Thiago Pitarch, 18 ans (28e) et a laissé le géant espagnol en vie. Il s'est cependant remarquablement rattrapé en lançant Luis Diaz, d'un plat du pied parfait en fin de première mi-temps (41e, 1-0, pour glacer le Bernabéu après une récupération haute de Joshua Kimmich et un superbe mouvement avec Kane.
Plus que ce déficit d'un but, la plus mauvaise nouvelle côté espagnol était alors l'avertissement logique d'Aurélien Tchouaméni (37e), suspendu au match retour.
D'autant que la mission madrilène a semblé sérieusement se compliquer dès le retour des vestiaires, lorsque Kane, laissé seul aux vingt mètres par Pitarch, a doublé la mise d'un tir rasant (46e, 2-0), et que Lunin a dû empêcher Olise de creuser l'écart (47e, 56e).
Elle restera possible, grâce à une réaction madrilène à la hauteur de l'enjeu, mais que dire de Manuel Neuer, qui a poussé Vinicius à trop s'écarter et à manquer son face à face (61e), puis de nouveau mis en échec Mbappé (66e, 83e)?
Il a fallu que le capitaine des Bleus, très attendu pour ce choc, s'échappe dans le dos de son coéquipier Dayot Upamecano pour que le portier allemand plie enfin (74e, 2-1).
Jusqu'au bout, le buteur merengue aura tenté de chiper le trophée d'homme du match à Neuer, mais son tir a fui le cadre (89e), et il devra donc se contenter, pour l'instant, de ce but porteur d'espoir.
A.Lavoie--SMC