Paris-Roubaix: Florian Vermeersch, le colosse complice de "Pogi"
"Un moteur de tracteur sous une carrosserie de Ferrari". Le puissant mais élégant Florian Vermeersch sera le principal frère d'armes de Tadej Pogacar dans la bataille devant mener au succès du Slovène dimanche dans Paris-Roubaix.
Troisième du Nieuwsblad et de l'E3 Classic début mars, et encore 7e du Tour des Flandres dimanche, le Gantois, 27 ans, serait le leader désigné au départ de l'Enfer du Nord dans n'importe quelle autre équipe que la redoutable UAE.
Deuxième en 2022 de la Reine des classiques, quand il s'était révélé au grand public, Vermeersch est un lieutenant de luxe pour "Pogi" dont il est aussi "un vrai ami", selon le Slovène.
Pas étonnant dès lors que la direction de la formation émiratie ait prolongé la semaine dernière le contrat de son robuste rouleur jusqu'en 2029.
"Il y a quelque chose de spécial dans cette équipe qui me donne beaucoup de confiance. Et puis rouler aux côtés d'un athlète aussi incroyable que Tadej, c'est vraiment gratifiant", a commenté le coureur à quelques jours de l'envolée menant les coureurs de Compiègne à Roubaix en passant par 30 secteurs pavés.
Des tronçons qui n'ont plus aucun secret pour le binôme Pogacar-Vermeersch, à en croire ce dernier.
"Nous avons fait énormément de reconnaissances ces dernières semaines tout comme nous avons travaillé sur le matériel. Je pense vraiment que nous sommes prêts", a assuré Vermeersch, dimanche au soir du Ronde.
Une course durant laquelle il aura grandement contribué au succès de son leader en plus d'avoir pris une belle septième place, pas très loin des quatre fantastiques, Pogacar, Van der Poel, Evenepoel et Van Aert.
Sa mission principale a été de protéger son chef de file.
- Champion du monde de gravel -
"Avant et dans le Molenberg (à un centaine de kilomètres de l'arrivée, ndlr), il y avait vent de face; j'avais pour mission de durcir la course, faire un maximum de dégâts", a raconté le coureur qui s'est donc exécuté, son leader bien arrimé à sa roue arrière.
Une ascension d'un peu moins de 500 mètres que le colosse belge à gravi "en 45 secondes en développant 750 watts", a fait remarquer l'ancien vainqueur du Ronde Philippe Gilbert, aujourd'hui consultant.
"Oui c'était vraiment très dur. Sur une course de plus de six heures, je pense n'avoir jamais développé autant de puissance, 300 watts de moyenne", a précisé Vermeersch.
Son visage poupon contraste avec ses mensurations de titan (1m93, 85 kilos selon son équipe) qui lui permettent d'écraser le pavé.
C'est "un moteur de tracteur sous une carrosserie de Ferrari", a un jour dit de lui Johan Museeuw, triple vainqueur de l'Enfer du Nord (1996, 2000, 2002).
Vermeersch, formé à l'école du cyclo-cross, aime effectivement les "sales routes" autant que les conditions pluvieuses. Champion du monde en titre de gravel, il possède un autre atout non négligeable: il est apprécié de ses pairs.
Dimanche au Tour des Flandres, quand il a fallu faire collaborer les coureurs en tête de course, c'est lui qui a organisé le groupe des favoris.
"Même Remco (Evenepoel) a fait sa part de boulot quand j'ai proposé d'accélérer", s'est félicité Vermeersch qui sait y faire en matière de négociation, lui qui a aussi été conseiller communal (adjoint au maire) dans sa ville de Lochristi.
Et dimanche, il faudra à nouveau compter avec ce diplômé en Histoire de l'université de Gand pour écrire la légende de son sport.
L.Mitchell--SMC