Finale NBA: OG Anunoby, le héros très discret des Knicks
Une action d'anthologie a permis à l'ailier des Knicks OG Anunoby d'enfin sortir de l'ombre mercredi, après des années de labeur dans un relatif anonymat, en raison d'un jeu et d'une personnalité empreints de sobriété.
"C'est le tir le plus marquant de l'histoire du basket à New York", a lancé l'entraîneur des Knicks Mike Brown après ce quatrième match de la finale NBA conclu par une claquette victorieuse du bout des doigts d'Anunoby (107-106).
"C'est cool", a juste glissé le héros du jour en conférence de presse, sur un ton si monocorde qu'une partie de la salle a éclaté de rire, tant le décalage était grand avec la fièvre qui venait de s'emparer du Madison Square Garden.
La séquence résume Ogugua Anunoby Jr (28 ans), de son nom complet, rarement un mot plus haut que l'autre, d'humeur toujours égale, au point d'en être désarmant.
Le tout est raccord avec son jeu sans fioriture, tout en efficacité. On le voit ainsi peu dans des compilations d'actions spectaculaires, même s'il plante régulièrement des dunks.
"J'essaye juste d'être déterminé et décisif dans tout ce que je fais", a-t-il expliqué mardi.
Le Britannique laisse souvent le jeu venir à lui, sans jamais forcer, ce qui lui vaut parfois de se faire oublier avant de frapper au moment opportun.
Il fait souvent mal à trois points depuis le coin ou avec ses pénétrations ponctuées de multiples feintes pour finir sur un lay-up.
Drafté par Toronto en 2017, Anunoby a passé six saisons et demi au Canada, avec une bague de champion à la clef même si une crise d'appendicite aïgue l'a empêché de participer aux play-offs l'année du titre (2019).
Avec les Raptors, il s'est affirmé comme un défenseur de gros calibre, usant notamment de sa puissance (108 kg pour 2,00 m) pour contenir ses adversaires.
Son impact physique lui sert aussi en attaque, où il n'hésite jamais à venir se frotter aux grands dans la raquette.
- "C'est une superstar" -
"OG est quelqu'un qui donne tout, tous les soirs", a livré, admiratif, Jalen Brunson, après le quatrième match, qui a donné l'avantage 3 victoires à 1 à New York face à San Antonio, à un succès désormais d'un premier titre depuis 53 ans.
"Depuis que nous sommes coéquipiers (décembre 2023), son éthique de travail s'est étoffée, et sa confiance aussi", a observé Brunson, mercredi.
"Peu importe ce qu'en dit le monde extérieur", a poursuivi le meneur de New York, "nous savons ce que nous avons dans notre vestiaire. C'est une superstar."
Le numéro 8 ne laisse rien au hasard, en particulier son positionnement sur le terrain et ses déplacements sans le ballon.
C'est grâce à cette science qu'il a réussi à se frayer un chemin dans la raquette mercredi pour pousser la balle dans le cercle, un geste que New York n'oubliera jamais.
"OG est mon Dieu!", a hurlé l'acteur Timothée Chalamet, fan inconditionnel des Knicks, depuis le bord du terrain après ce coup de théâtre, les mains jointes pour mimer la prière.
"OG m'a sauvé d'une vie de regrets", a dit son coéquipier Josh Hart au sujet de cette envolée de dernière seconde, sans laquelle New York serait reparti pour San Antonio après deux défaites sur son terrain du Madison Square Garden.
"Il a été fantastique depuis qu'il est arrivé ici", a salué Hart. "C'est un gagneur qui a fait une action décisive", au terme d'une "remontada" encore jamais vue en finale NBA, les Knicks effaçant un déficit de 29 points.
Ce fils de parents nigérians, passé de l'Angleterre au Missouri à quatre ans, incarne une équipe des Knicks composée de joueurs arrivés à New York après un parcours sinueux.
Anonyme en université, Anunobi a mis plusieurs années à faire son trou à Toronto, avant de devoir tout recommencer à New York, entre deux gros calibres, Jalen Brunson et Karl-Anthony Towns.
"Chacun de nous s'est trouvé dans des situations difficiles, mais s'en est sorti", a décrypté Josh Hart. "C'est un groupe de gars droits qui ne veulent jamais lâcher".
B.Cote--SMC