Mort de Charlie Dalin, un héros du large au panthéon des marins
Héros du large devenu inspiration pour de nombreux malades, le navigateur Charlie Dalin, vainqueur du Vendée Globe 2024/2025, est mort à Quimper dans la nuit de mercredi à jeudi, à l'âge de 42 ans des suites d'un cancer, a annoncé sa famille à l'AFP.
"C'est avec une profonde tristesse que notre famille et moi-même annonçons le décès de mon mari Charlie Dalin, des suites d'une longue maladie", écrit sa femme Perrine Le Pape dans un texte transmis jeudi à l’AFP.
"Des hommages lui seront rendus dans les jours à venir", ajoute-t-elle, invitant à "respecter l'intimité" de l'entourage du navigateur qui luttait depuis un peu plus de deux ans et demi contre une tumeur stromale gastro-intestinale (GIST).
Sans la médiatiser initialement, il avait emporté la maladie à bord de son Imoca, avec l'autorisation des médecins et un traitement adapté, lors sa dernière grande course : le Vendée Globe 2024/2025, tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance.
Puis il avait rendu public son cancer en octobre dernier, dans un livre visant à aider les malades, huit mois après son arrivée victorieuse devant un magnifique soleil levant aux Sables-d’Olonne, devenant recordman de l'épreuve (64 jours 19 heures 22 minutes).
Depuis, il avait mis sa carrière de navigateur entre parenthèses pour passer du temps avec sa femme et son jeune fils, tout en participant à la conception du futur voilier de l’écurie Macif, équipe avec qui il a signé la plupart de ses nombreuses victoires.
- "Cela me manque" -
Dalin, né au Havre (Seine-Maritime) mais habitant depuis des années à Concarneau (Finistère) où il était devenu marin professionnel en 2011, rêvait de refaire un jour de la voile, sport découvert par hasard ado lors de vacances à Crozon (Finistère).
"Ça me manque les courses, les départs, cette euphorie, cette ébullition", racontait-il mi-décembre au Casino de Paris, en recevant sous une belle ovation le titre de "Marin de l’année" à l'unanimité des votes du jury, une première dans l'histoire du trophée.
Ses deux exploits retentissants sur le Vendée Globe – en 2021/2022, Dalin avait déjà été le premier à passer la ligne d’arrivée, avant d’être reclassé 2e à la faveur d’une bonification de temps accordée à son concurrent Yannick Bestaven – l’ont fait connaitre du grand public, bien au-delà des frontières françaises.
Le prestigieux quotidien américain The Washington Post lui a consacré sa une il y a quelques mois, accompagné d'un titre à la hauteur de son parcours inspirant : "Se lancer dans la course de sa vie".
- De nombreuses victoires -
Sur l’eau, les prouesses de Charlie Dalin ne se limitaient pas à "l'Everest des mers". En un peu plus de quinze ans de carrière, il a signé de nombreux succès comme sur la Fastnet Race (2021, 2023), la Transat Jacques Vabre (2019), la Transat AG2R (2012) et bien d’autres courses de premier plan.
Double champion de France de course au large (2014, 2016), il a aussi terminé sur le podium de cinq Solitaires du Figaro, une course à étapes formatrice qu'il appréciait tout particulièrement.
Marin pudique et discret dans le privé, pédagogue et volontiers loquace concernant sa passion, il s'était forgé sur les pontons une réputation de technicien rigoureux, pugnace et résilient.
Malade, il avait choisi de continuer à croire en ses rêves : "Peu importe que ce soit un Vendée Globe ou des tours du service à pied (à l'hôpital), l'important c'est d'avoir un objectif pour avancer", confiait-il à l’AFP.
S.Clark--SMC