Samu et ambulanciers s'inquiètent du projet de loi de décentralisation
Une vingtaine d'organisations représentant notamment les Samu, les hôpitaux et les ambulanciers privés se sont alarmés jeudi dans une lettre ouverte au Premier ministre Sébastien Lecornu des conséquences du projet de loi de décentralisation sur les secours aux personnes.
Le projet de loi, en cours d'ultimes arbitrages au sein de l'exécutif, prévoit "de confier la gestion opérationnelle" des secours aux personnes "à des acteurs non médicaux", dénonce la lettre signée notamment par Samu Urgences de France (principal syndicat de médecins urgentistes), l'Afarm (assistants de régulation médicale), le CNSA (chambre syndicale nationale des artisans ambulanciers), mais aussi par la FHF, la fédération des hôpitaux de France.
Selon les explications recueillies par l'AFP auprès de Samu Urgences de France et du CNSA, le projet de loi annoncé pour le printemps pourrait imposer la systématisation dans chaque département d'une plateforme unique de réponse pour le 15 (le numéro d'urgence géré par le Samu) et le 18 (le numéro d'urgence géré par les pompiers).
La mise en place de ces plateformes se ferait sous l'égide des préfets, par ailleurs chargés par le projet de loi de définir dans chaque département un "contrat territorial du secours d'urgence" tranchant les rôles respectifs des Samu, pompiers, et ambulanciers privés.
"On est face à une volonté de prise de pouvoir du ministère de l'Intérieur et notamment la Sécurité civile et les sapeurs-pompiers" sur les secours d'urgence, a indiqué à l'AFP le docteur Yann Penverne, président de Samu Urgences de France.
"Les services départementaux d'incendie et de secours (SDIS, pompiers) mettraient la main sur l'organisation de l'urgence pré-hospitalière", a également dénoncé l'ambulancier Dominique Hunault, président de la CNSA.
Dans un communiqué publié début mars, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers (FNSPF) et l'association des directeurs de services départementaux de secours (ANDSIS) avaient de leur côté jugé "incompréhensible" la défiance des représentants des urgentistes et des ambulanciers face au projet de loi.
"Il ne s'agit ni d’une prise de pouvoir, ni d’une remise en cause des compétences de quiconque, mais bien de créer, à travers ce contrat (territorial), un outil de coordination au service de l’efficacité collective", avaient-ils estimé.
"Aucune disposition de ce projet de loi ne confie la prise en charge médicale des victimes à un acteur non médical. La régulation reste intégralement assurée par des médecins", avaient-ils indiqué.
N.Fournier--SMC