Netflix premier financeur privé de la production française (Arcom)
La plateforme de streaming Netflix est devenue en 2025 le premier financeur privé de la production française (oeuvres audiovisuelles et cinéma) au titre de ses obligations légales, et devrait dépasser France Télévisions en 2030, a annoncé vendredi le président de l'Arcom Martin Ajdari.
Netflix a investi 308 millions d'euros au total (250 millions pour la production audiovisuelle, 58 millions pour le cinéma), derrière France Télévisions (406 millions pour la production audiovisuelle, 70 millions pour le cinéma).
Le groupe Canal+ est resté le premier financeur du seul cinéma, avec 156 millions d'euros investis dans ce secteur, selon des données annuelles du régulateur révélées vendredi au festival de la fiction de La Rochelle.
"On peut prévoir que (Netflix) qui est déjà le premier financeur privé de la création sera en 2030 le premier financeur tout court dans la création audiovisuelle et cinématographique", a estimé Martin Ajdari.
Au total, les streamers comme Netflix, Disney+ ou HBO Max, soumis depuis un décret de 2021 à des obligations de financement, ont investi 525 millions d'euros contre 397 en 2024 (+32%), sur un total de 1,64 milliard d'euros (+2%). Ce décret oblige chaque acteur à consacrer au moins 20% de son chiffre d'affaires à la création, un niveau contesté par Netflix.
La télévision traditionnelle (France Télévisions, TF1, Canal+…), en difficulté à cause des restrictions budgétaires pour l'audiovisuel public et des recettes publicitaires en berne pour le privé, reste majoritaire dans le financement. Mais sa contribution diminue à 1,118 milliard contre 1,213 en 2024 (-8%).
Le total de 1,64 milliard d'investissements est réparti entre 1,2 milliard pour l'audiovisuel et 446 millions pour le cinéma.
Martin Ajdari s'est félicité auprès de l'AFP de "l'inclusion de ces acteurs (du streaming) dans l'exception culturelle française (qui) permet de soutenir la croissance".
Mais leur place grandissante (plus de 40% du total selon les prévisions) n'est "pas sans conséquence" car leurs investissements "donnent lieu à moins d'heures de tournage, moins d'oeuvres financées et moins de diversité" dans les genres que les chaînes classiques.
"Ces services, lorsqu'ils commandent une série ou un unitaire (téléfilm), l'inscrivent dans une stratégie définie ailleurs et ne peuvent avoir la même intention, le même ancrage qu’un acteur national", a-t-il ajouté à La Rochelle.
Le président de l'Arcom a notamment appelé avec insistance à soutenir le financement de France Télévisions, et à intégrer le géant des partages de vidéos YouTube, qui capte désormais une grande part des revenus publicitaires, dans le financement de la création.
L.Côte--SMC