Moyen-Orient: les marchés doutent de la perspective d'un accord au Moyen-Orient
Les prix du pétrole grimpent et les Bourses évoluent prudemment lundi, sur fond de doutes croissants quant à la possibilité d'un accord entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient.
Vers 11H30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence sur le continent européen, gagnait 2,73% à 104,06 dollars. Le WTI, son équivalent américain, prenait de son côté 2,74% à 98,03 dollars.
"La situation au Moyen-Orient est toujours au point mort, avec un trafic dans le détroit d'Ormuz presque inexistant", résume François Rimeu, stratégiste chez Crédit Mutuel AM.
Le président américain Donald Trump a fustigé dimanche la réponse apportée par l'Iran à la proposition américaine pour mettre fin à la guerre, la jugeant "totalement inacceptable", sur son réseau Truth Social.
"L'Iran mène en bateau les Etats-Unis et le reste du monde depuis 47 ans", avait-il écrit dans un message précédent. Les Iraniens "se moquent de notre pays qui a désormais retrouvé sa grandeur mais ils ne riront plus très longtemps!"
Ces messages ont fait douter les investisseurs quant à la probabilité d'un accord qui permettrait de débloquer le stratégique détroit d'Ormuz, où un cinquième du pétrole mondial transite d'ordinaire.
Dans ce contexte, les marchés boursiers européens évoluent prudemment.
A la mi-séance, vers 11H30 GMT, Londres était à l'équilibre (+0,05%). Francfort cédait 0,26%. Milan grappillait 0,28%. Seul Paris reculait plus franchement, de 1,11%, plombée par la nette baisse de ses poids lourds du luxe après une note défavorable de Berenberg.
Les contrats à terme à Wall Street laissaient présager une ouverture sans éclat.
- Dollar et taux d'intérêt en hausse -
Le dollar, monnaie internationale pour le marché du pétrole et qui grimpe depuis le début du conflit à chaque montée des tensions dans la région, prenait 0,46% à 1,1774 euro.
Les taux d'emprunt des Etats européens sur le marché de la dette étaient orientés à la hausse, sur fond de regain d'inflation provoqué par la hausse des prix du brut.
Le rendement allemand à échéance 10 ans, référence sur le continent, atteignait 3,03%, contre 3,00% vendredi soir. Son équivalent français était à 3,65%, contre 3,62%.
- Séoul caracole -
A rebours des autres places financières, la Bourse de Séoul a grimpé nettement, prenant 4,32%.
Cet indice, très imprégné par les valeurs technologiques, profite du net regain d'intérêt des investisseurs pour l'intelligence artificielle depuis plusieurs semaines. Sur l'indice, Samsung a par exemple pris 6,33%, quand SK Hynix a bondi de 11,51%.
"Nous sommes arrivés au stade où les gros titres sur la guerre au Moyen-Orient ne dérangent plus ceux qui investissent dans l'intelligence artificielle", résume Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.
Mais "il est difficile de comprendre la réaction des marchés, qui ressemble à un calme avant la tempête: la hausse des prix de l'énergie ne tardera pas à se concrétiser" pour ces entreprises, ajoute-t-elle.
-Le luxe plombé par Berenberg-
Les titres des entreprises du luxe étaient plombés en Europe par une note des analystes de Berenberg, estimant que les valorisations du secteur devaient baisser de "25 à 35%" par rapport au niveau des neuf dernières années, avec le recul de la demande en Chine.
A Paris, LVMH perdait 4,16%, Hermès 2,68% et Kering 2,38%. A Londres, Burberry cédait 1,98%. A Milan, Salvatore Ferragamo perdait 3,74% et Moncler 3,56%.
- E.ON acquiert OVO -
L'énergéticien E.ON (+1,17% à 18,13 euros à Francfort) a annoncé lundi l'acquisition du fournisseur britannique OVO, pour un montant non divulgué. Avec cette transaction, le groupe passera de 5,6 à environ 9,6 millions de clients au Royaume-Uni.
K.Evans--SMC