Macron veut rendre "désirable" l'électrification de la France
Emmanuel Macron a appelé mardi à une "mobilisation collective" "pour rendre le passage à l'électrique naturel et désirable" pour les Français en recevant à l'Elysée "l'équipe de France" de l'électrification, l'occasion de plusieurs annonces dont celle de Stellantis de "plus d'un milliard d'euros nouveaux" pour produire des véhicules électriques à Mulhouse.
"L'électrification est un combat contemporain et une stratégie pour notre pays pour être plus indépendant, plus compétitif, créer davantage d'emplois sur le pays et décarboner", a déclaré le chef de l'Etat.
Il faut "produire, raccorder, électrifier, réindustrialiser. Et c'est ça nos axes d'efforts pour l'équipe de France de l'électrique", a-t-il ajouté devant un parterre de chefs d'entreprises et d'organisations professionnelles du BTP, de l'industrie, des transports et de l'énergie.
Un mois après la publication d'un plan du gouvernement destiné à doper la consommation d'électricité, Emmanuel Macron a rappelé que l'objectif est de rendre ménages et entreprises moins dépendants de carburants issus de pétrole importé, alors que la guerre au Moyen-Orient fait flamber les cours du brut, mais aussi à réindustrialiser la France tout en réduisant ses émissions de CO2.
"C'est bon pour le pouvoir d'achat", la compétitivité et "l'indépendance du pays", a-t-il déclaré. "Nous sommes en train de montrer que c'est possible avec des vrais résultats. Il faut poursuivre cet axe d'efforts (...) L'Etat y jouera sa part", a-t-il dit.
Emmanuel Macron a égrené les annonces autour des véhicules électriques et des pompes à chaleur (PAC) ou l'industrie afin de réduire la part des énergies fossiles. Celles-ci devront représenter moins de 30% de la consommation finale d'énergie de la France en 2035 contre 60% aujourd'hui.
L'électricité doit elle passer à 27% actuellement à 38% en 2035 grâce à la production abondante d'électricité d'origine nucléaire ou renouvelable.
Principal investissement annoncé : le constructeur automobile Stellantis va produire à partir de 2029 une "nouvelle génération de véhicules électriques" sur son site de Mulhouse, dans l'est de la France.
"C'est un véritable avenir industriel que nous offrons à ce site de Mulhouse", s'est félicité le chef de l'Etat.
- Prix "compétitifs" et "prévisibles" -
L'essor des véhicules électriques nécessitant des stations de recharge, les opérateurs se sont engagés à "déployer 240.000 bornes" de recharge supplémentaires, "dont 60.000 points de charge rapide et ultrarapide", d'ici 2030, a annoncé le président.
Elles "viendront compléter les plus de 185.000 bornes déjà en service pour atteindre notre objectif de 400.000" en 2030, a-t-il précisé. Les voitures électriques ont représenté 28% des ventes début 2026 contre moins de 2% en 2017.
L'opérateur de recharge Electra va ainsi investir 300 millions d'euros d'ici 2030 pour installer 1.000 nouveaux points de charge ultra-rapides par an, et d'autres investissements sont annoncés par Lidl France, Leclerc, Renault ou encore Enedis.
L'autre axe de cette stratégie passe par le déploiement de pompes à chaleur, dont le coefficient de performance permet de réduire la consommation d'énergie. Elles sont "un pilier de notre stratégie", a souligné Emmanuel Macron.
Avec plusieurs annonces à la clé, dont celle d'EDF, qui pour ses 80 ans a déjà dévoilé un plan de soutien à l'électrification. D'un montant initial de 240 millions d'euros, il va être abondé de 30 millions supplémentaires, soit 270 millions au total.
Le premier énergéticien du pays va consacrer 80 millions d'euros à l'accompagnement des particuliers pour remplacer leur chaudière gaz ou fioul, 80 millions pour l'aide à l'achat de poids lourds électriques ou l'installation de bornes de recharge, et autant pour la préparation de terrains industriels visant à accueillir de grands consommateurs d'électricité.
Dans son ensemble, la filière s'est engagée à produire un million de PAC par an en France en 2030. Dont le fournisseur Octopus Energy, qui va investir "jusqu’à 150 millions d’euros" pour une usine en France.
Pour accompagner ce mouvement et favoriser la bascule vers l'électricité, les consommateurs ont besoin de prix "compétitifs sur la durée" et "prévisibles" alors que la France bénéficie de prix par mégawattheure très concurrentiel par rapport à ses voisins comme l'Allemagne ou l'Italie, a souligné le président.
Il a salué à ce titre les fournisseurs déjà engagés dans cette voie en citant EDF, Engie, TotalEnergies et Octopus et en encourageant les autres à en faire autant.
Enfin, dans l'industrie, l'électrification a "un potentiel gigantesque" avec des solutions innovantes pour remplacer les énergies fossiles pour produire de la vapeur, a assuré le chef de l'Etat.
Il a notamment cité le groupe Schneider Electric, qui a exposé dans la cour de l'Elysée un transformateur fonctionnant sans gaz fluoré, au puissant effet de serre et utilisé dans la réfrigération, la climatisation ou les équipements électriques.
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A.Gagnon--SMC