Wall Street sans élan pour débuter juin
La Bourse de New York évolue à la marge lundi, optant pour la prudence après un mois de mai très dynamique et face à des tensions persistantes au Moyen-Orient qui font grimper de concert prix du pétrole et taux obligataires.
Vers 14H05 GMT, le Dow Jones cédait 0,13% tandis que le Nasdaq et le S&P 500 restait à l'équilibre, grappillant respectivement 0,05% et 0,02%.
Le mois passé, les indices américains ont volé de record en record. Le S&P 500 a pris plus de 5% tandis que le Nasdaq a bondi de plus de 8%, signe de l'intérêt toujours vivace pour les valeurs technologiques.
Le dernier coup d'accélérateur a été donné lundi par l'annonce par Nvidia d'un nouveau processeur pour ordinateurs portables fonctionnant sous Windows pour moderniser les appareils à l'ère de l'intelligence artificielle (IA).
Le géant des puces s'octroyait 3,90% tandis que Microsoft prenait 2,63%.
Dans leur sillage, les fabricants d'ordinateurs Dell (+7,98%) et HP (+6,43%) étaient en nette hausse.
En revanche, les concurrents de Nvidia sur le segment des CPU, ces processeurs centraux qui font office de "cerveau" pour les ordinateurs, étaient à la peine.
Intel, dont l'hégémonie sur cette technologie se voit ainsi contestée, lâchait 6,05%. Qualcomm chutait de 8,40% et AMD perdait 4,52%.
Pour Art Hogan, analyste pour le gestionnaire de fortune B. Riley Wealth Management, la tendance de fond reste toutefois à l'achat des valeurs liées à l'intelligence artificielle.
"Même si la révolution de l'IA est en marche et qu'elle a désormais quatre ans, nous sous-estimons encore la croissance des revenus et des bénéfices qu'elle génère", assure-t-il auprès de l'AFP.
Sur le plan géopolitique, "le week-end a été marqué par un regain d'inquiétudes concernant les négociations de paix entre les États-Unis et l'Iran", notent les analystes de Briefing.com.
Les deux belligérants ont procédé à de nouveaux échanges de frappes, mettant un peu plus à mal le fragile cessez-le-feu.
Un média iranien a aussi assuré que Téhéran a suspendu les négociations avec les Etats-Unis.
Dans ce contexte, les cours du pétrole bondissaient de plus de 5%.
Et les coûts de la dette repartaient en hausse. Vers 14H00 GMT, le rendement à dix ans des emprunts de l'Etat américain évoluait à 4,50% contre 4,44% à la clôture vendredi.
L'échéance à plus long terme (30 ans) repassait au-dessus du seuil symbolique de 5%.
Côté données, l'indice ISM, baromètre de l'industrie manufacturière aux Etats-Unis, a grimpé en mai à son plus haut niveau depuis quatre ans.
Les investisseurs attendent surtout les données officielles sur l'emploi du mois dernier, dont la publication est programmée vendredi.
"Le marché du travail reste l'un des éléments clés du puzzle de la Fed", la banque centrale américaine, souligne Jay Woods, de la plateforme d'investissement Freedom Capital Markets.
Le rapport sur l'emploi revêtera une importance certaine pour "ce marché en quête de clarté sur le calendrier de la prochaine décision de la Fed", ajoute l'analyste.
La Réserve fédérale doit en effet aussi faire en sorte d'atténuer l'inflation, déjà bien au-dessus de sa cible avant le début de la guerre au Moyen-Orient et la flambée des prix du pétrole.
T. MacDonald--SMC