Wall Street ouvre en baisse face à la reprise des hostilités au Moyen-Orient
La Bourse de New York évolue sur la défensive lundi, la reprise des frappes entre les Etats-Unis et l'Iran poussant les prix du pétrole à la hausse tout comme les coûts d'emprunt des Etats.
Vers 14H00 GMT, le Dow Jones cédait 0,61%, l'indice Nasdaq perdait 0,41% et l'indice élargi S&P 500 reculait de 0,44%.
Après un mois d'accalmie, Washington et Téhéran ont échangé de nouvelles frappes dans la nuit de dimanche à lundi.
Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a fait état de frappes américaines contre "deux lanceurs iraniens" dans le stratégique détroit d'Ormuz tandis que les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir attaqué des installations de l'armée américaine en Jordanie.
Avec cette montée de tension, le baril de Brent, référence internationale pour le pétrole, est repassé au-delà de 90 dollars.
Les géants pétroliers comme Chevron (+2,69%), ExxonMobil (+2,57%) ou ConocoPhillips (+2,47%) profitent de ce contexte.
Et les taux obligataires - thermomètres des perspectives inflationnistes - ont repris leur course en avant.
Vers 14H00 GMT, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l'Etat américain évoluait à plus de 4,76%, un plus haut depuis janvier 2025.
Pour Patrick O'Hare, de Briefing.com, le recul qu'il juge modéré des indices boursiers américains témoigne de l'absence de panique des investisseurs face à une situation à laquelle ils ont déjà été confrontés maintes fois.
Mais si le mouvement de hausse des taux obligataires se poursuit, "le marché boursier pourrait alors se retrouver enlisé", ajoute l'analyste.
"Les chiffres de l'inflation ont déjà été publiés, le patron de la Fed (la banque centrale américaine, ndlr) a conclu son intervention à Jackson Hole et la saison des résultats est pratiquement terminée. Wall Street n'a donc plus grand-chose sur quoi se concentrer" en dehors de ces événements géopolitiques, selon Sam Stovall, analyste de CFRA interrogé par l'AFP.
Il relève aussi que la flambée des prix de l'énergie avec le conflit au Moyen-Orient a constitué un frein pour l'économie américaine (la croissance est estimée à 1,5% en rythme annualisé) "mais certainement pas suffisamment pour ralentir la croissance des bénéfices ou entamer l'optimisme des investisseurs".
Malgré le recul de lundi, Wall Street devrait d'ailleurs réaliser un mois d'août positif.
Cette semaine, qui précède un long weekend de trois jours, devrait être marquée par des échanges restreints, prévient Patrick O'Hare.
Côté entreprises, plusieurs fournisseurs d'énergie étaient en chute libre. Selon les médias américains, les législateurs de Californie ont rejeté un projet de loi qui aurait limité le montant des indemnités demandées aux fournisseurs d'énergie dont les équipements ont provoqué d'importants feux dans l'Etat.
PG&E dégringolait de 18,79%, Edison de 19,93% et Sempra reculait de 3,51%.
Le courtier Aon lâchait 6,19% à 333,39 dollars après avoir annoncé le rachat de son concurrent USI Insurance Services pour environ 17 milliards de dollars. Ce dernier était jusqu'à présent aux mains du fonds KKR.
F.Leblanc--SMC