La Bourse de Paris sans élan, entre reprise de la tech et prix du pétrole élevé
La Bourse de Paris débute la semaine sans élan, les valeurs technologiques profitant de l'enthousiasme pour l'IA sans parvenir à suffisamment soutenir la cote face à la pression exercée par la flambée des prix de l'énergie et les tensions persistantes au Moyen-Orient.
Vers 10H30 heure de Paris, l'indice CAC 40 s’octroyait 0,07% à 8.284,91 points. Vendredi, l'indice CAC 40 a cédé 0,09% pour terminer à 8.278,77 points.
Les places européennes ne parviennent pas "à tirer profit du solide rebond des valeurs technologiques asiatiques durant la nuit", note Neil Wilson, analyste chez Saxo UK.
Moins exposée à la technologie que les indices américains ou asiatiques, l'Europe profite en effet dans une moindre mesure du "regain d'enthousiasme pour l'IA après qu'OpenAI a dévoilé GPT-6 Astra, son modèle le plus avancé à ce jour", souligne Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote.
Les fabricants de semi-conducteurs STMicroelectronics (+2,93% à 46,12 euros vers 10H20 heure de Paris, en tête du CAC 40) et Soitec (+6,04% à 136,05 euros) s'affichaient en nette hausse mais ne parvenaient pas à maintenir la Bourse de Paris fermement dans le vert.
Le niveau élevé des prix de l'énergie maintient en effet les places européennes sous pression, les économies du Vieux Continent restant de grandes importatrices d'hydrocarbures.
Le pétrole Brent, référence mondiale du brut, évolue désormais autour des 97 dollars le baril, se rapprochant toujours plus du seuil symbolique des 100 dollars.
Après une nouvelle série d'attaques mutuelles, principalement en mer ces derniers jours et notamment dans le stratégique détroit d'Ormuz, l'Iran a menacé dimanche les États-Unis d'une réponse "plus intense".
"Cela rappelle aux marchés que la guerre en Iran n’est pas terminée et que la géopolitique peut continuer à constituer une source de risques", note Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Sur le plan diplomatique, les négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient restent, elles, dans l'impasse.
Autre source de préoccupation: "le prix du gaz en Europe explose", se maintenant "au plus haut depuis 2023, dépassant les pics atteints dans le sillage du conflit américano-iranien au printemps dernier", souligne Alexis Bienvenu, gérant pour La Financière de l'Échiquier (LFDE).
"Certes, les prix n'atteignent pas les records observés en 2022 après le déclenchement de la guerre en Ukraine, à plus de 300 euros le mégawattheure (MWh)", note-t-il. "Mais ils suivent une tendance ascendante depuis le début de l'année 2026, excédant fortement les hypothèses sur lesquelles se fondaient certaines institutions chargées de prévoir l'inflation, notamment la Banque Centrale Européenne (BCE)".
De quoi laisser penser "que l'inflation à venir pourrait être plus forte qu'anticipé", poursuit-il.
Vers 10H20 heure de Paris, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, s'affichait à 74,10 euros le MWh (+2,99%).
"Ces tensions s'inscrivent dans un contexte où les réserves gazières européennes sont nettement inférieures à leur niveau habituel à cette période de l'année", rappelle Alexis Bienvenu.
Dans ce contexte, une nouvelle hausse des taux directeurs de la BCE se profile jeudi, selon les marchés. L'institution pourrait relever son taux de référence d'un quart de point à 2,5% pour freiner l'inflation, au plus haut depuis trois ans en zone euro (+3,3% sur un an en août).
O.Lessard--SMC