Fusillade mortelle dans un lycée aux Philippines, l'attaque était préméditée
Les deux élèves qui ont ouvert le feu dans un lycée aux Philippines, tuant trois adolescents, avaient prémédité leur attaque, a déclaré mardi au lendemain de la fusillade la police, qui pense que les tueurs étaient victimes de harcèlement.
Le mobile reste à établir mais des problèmes de "harcèlement" figurent parmi les pistes étudiées par la police, qui a également laissé entendre que des "contenus en ligne" ont joué un rôle dans le drame.
Les cours ont été annulés mardi dans toute la ville de Tacloban, encore sous le choc, où la police a fait état de 15 blessés par balle, des élèves du lycée San Jose, soit plus du double du nombre annoncé la veille.
L'un d'entre eux était toujours dans un état critique après qu'une balle l'a touché dans le dos pour ressortir par le menton. "On nous a dit qu'il se bat pour sa vie", a déclaré à l'AFP la porte-parole de la police de Tacloban, Evalyn Diaz.
Les auteurs présumés de cette fusillade, deux adolescents âgés de 15 et 14 ans, ont été placés en garde à vue après la fusillade intervenue lundi dans la province de Leyte, située au centre de l'archipel.
"Tous les éléments indiquent qu'il s'agissait d'un acte planifié", a déclaré le porte-parole de la police nationale Allen Rae Co, lors d'un point presse mardi après-midi.
Le harcèlement est largement évoqué comme mobile, ce que l'enquête semble confirmer, selon Mme Diaz.
M. Co a affirmé pour sa part qu'un groupe en ligne non identifié pourrait aussi avoir joué un rôle.
Il a précisé que les deux garçons s'étaient retranchés dans les toilettes pendant plus d'une heure le matin de la fusillade.
"D'après les premiers éléments de l'enquête, le jeune de 14 ans a été fortement influencé par des contenus en ligne", a déclaré le porte-parole de la police.
- Des élèves ordinaires -
"En dehors de ses publications de vidéos violentes... Nous avons des indices laissant penser qu'il existe un groupe qui aurait pu l'influencer" à commettre cet acte, a-t-il ajouté.
"Ils ont pu être victimes de harcèlement, ce qui a encore renforcé l'influence des contenus en ligne sur eux", selon M. Co.
La veille, la police avait déclaré que le lycéen de 14 ans avait utilisé un pistolet Glock 9 mm appartenant à sa tante, une policière de la région, qui a depuis été suspendue et placée en garde à vue.
Mardi, la police a indiqué qu'il avait déjà manipulé des armes à feu.
"Il a été dans un stand de tir. Il n'est pas particulièrement bon ni très expérimenté, mais il sait comment actionner le bouton de déverrouillage du chargeur et recharger", a affirmé le responsable régional de la police Jason Capoy au sujet de l'adolescent de 14 ans.
L'autre arme impliquée, un pistolet de calibre .38, était enregistrée au nom d'une société de sécurité où le grand-père du jeune de 15 ans avait travaillé.
M. Capoy a rapporté que, selon un témoin, les deux garçons ont avancé dans un un couloir de l'école, tirant à travers les fenêtres de façon "tactique".
Selon lui, le plus jeune était un joueur passionné de Gorebox, un jeu de tir "extrêmement violent". Quelques minutes après sa conférence de presse, le centre de cybercriminalité des Philippines a décrété une interdiction temporaire de ce jeu dans l'attente d’une enquête.
Le secrétaire philippin à l'Education, Sonny Angara, qui a rendu visite aux blessés mardi, a déclaré que de nombreux élèves et enseignants, toujours traumatisés, n'étaient "pas prêts à parler ce qui s'est passé".
Les enseignants interrogés par la police ont affirmé que les deux adolescents étaient des élèves ordinaires, "comme les autres", a souligné M. Diaz.
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L.Girard--SMC