Le gouvernement assure que les prix du gazole baisseront dès le 1er novembre
Sébastien Lecornu a assuré lundi que les prix du gazole baisseraient de 12 à 18 centimes pour les consommateurs à partir du 1er novembre grâce aux stocks stratégiques, et a promis de veiller à ce que cela se répercute à la pompe, après avoir reçu les distributeurs dans la matinée.
Le gouvernement a pris "une mesure exceptionnelle, qu'aucun gouvernement n'avait jusqu'alors jamais prise", a déclaré le Premier ministre dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. "Nous allons utiliser nos stocks stratégiques pour diminuer votre facture de gazole".
La baisse du prix à la pompe, "jusqu'à 18 centimes par litre (...), représente environ dix euros d'économies à chaque plein en moyenne", a assuré Sébastien Lecornu.
Pour ce faire, il a réuni lundi matin les distributeurs de carburants "pour arrêter ensemble les modalités de cette mesure inédite : la vente au prix +coûtant+ de 10 millions de barils de gazole issus de nos stocks stratégiques", a-t-il précisé.
L'objectif était aussi de préciser le calendrier et le rythme de ce déstockage - les premières ventes aux distributeurs auront lieu le 28 octobre - ainsi que la répartition des stocks entre les différents opérateurs, qui se fera sur la base de leurs parts de marché de l'année 2025.
- Transparence et contrôle -
L'opération, qui doit durer trois mois, soit jusqu'à fin janvier, est rendue possible par le recours aux stocks stratégiques de la France, achetés avant la guerre au Moyen-Orient à 0,28 euro par litre, soit nettement moins que le prix du marché actuel d'environ 1,10 euro par litre, selon Matignon.
Plus de 300 stations-services rurales, souvent à plus de 10 kilomètres l'une de l'autre et avec des délais de livraison plus longs, seront accompagnées via "des avances de trésorerie" et "un fonds spécialisé". Ceci afin de leur permettre d'anticiper les achats de carburants remisés et de baisser leurs prix dès le 1er novembre.
La baisse des prix envisagée concerne aussi le gazole non routier (GNR) utilisé par les agriculteurs, les pêcheurs, les entreprises du bâtiment et des travaux publics — ainsi que le fioul domestique.
Pour s'assurer de la réussite de l'opération, le gouvernement entend jouer la transparence et s'assurer que les coûts de revient sont bien répercutés à la pompe. Les volumes libérés par la Sagess, qui gère les stocks stratégiques pour l'Etat, au profit des distributeurs seront publiés toutes les semaines par le gouvernement, tout comme la baisse des coûts conséquente au déstockage.
"Chaque étape sera traçable", a assuré Sébastien Lecornu. La baisse du prix du gazole "figurera sur les factures de chaque maillon de la chaîne, et elle sera affichée dans les stations", a-t-il ajouté.
Le gouvernement s'engage également à contrôler les "prix et les marges" des distributeurs, qu'il promet d'encadrer "par décret".
- Prix répercutés -
A l'issue de cette réunion, le PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné s'est engagé à baisser d'environ 10 centimes le prix du litre de gazole pour les particuliers et de 20 centimes celui du litre de gazole non routier (GNR), ainsi qu'à une baisse de 200 euros pour le mètre cube de fioul domestique.
Un geste salué par la FNSEA, dont le président Arnaud Rousseau a salué dans une déclaration à l'AFP un "signal fort" au moment où les travaux agricoles s'intensifient dans les champs.
"Si l'avantage qu'on nous donne existait aujourd'hui, le prix serait autour de 2,15 (euros) dans nos stations", a indiqué à titre d'exemple Patrick Pouyanné, alors que le groupe a mis en place un plafonnement de ses prix à 1,99 euro le litre d'essence et 2,25 euros le litre de gazole.
Le réseau Mobilians, qui représente l'essentiel des stations-service traditionnelles hors grandes surfaces, s'est engagé à répercuter la baisse "dès qu'on aura du prix remisé, notre marge étant fixe quel que soit le prix".
"Si on achète moins cher, on vendra à l'euro près, au centime d'euro près, on vendra moins cher", a de son côté promis Michel-Edouard Leclerc (Centres E. Leclerc).
B.Cote--SMC