Parkinson, une maladie assez fréquente mais encore mal comprise
La maladie de Parkinson est, avec celle d'Alzheimer, l'une des principales pathologies affectant le cerveau. Mais on ignore encore largement ce qui provoque ce mal insidieux au fil duquel le patient perd peu à peu ses capacités de mouvement.
"Plus de dix millions de personnes vivent avec la maladie de Parkinson à travers le monde", résume la Fondation Parkinson, l'une des principales organisations américaines dédiées à la lutte contre la maladie, dont la journée mondiale se tient samedi.
Cela en fait l'une des principales maladies neurodégénératives, ces pathologies qui affectent peu à peu le fonctionnement des neurones jusqu'à devenir extrêmement invalidantes.
Par contraste avec la plus fréquente, celle d'Alzheimer, la maladie de Parkinson ne provoque pas forcément de démence, bien que de tels effets puissent exister.
La maladie frappe plutôt les hommes et, très largement, les personnes de plus de 50 ans, même si sa fréquence augmente chez les jeunes depuis quelques années. Elle affecte en premier lieu les mouvements: les trois grands symptômes sont des tremblements, une rigidité des muscles et une difficulté à entamer un geste.
Mais "tous ces signes ne sont pas présents en même temps et n'ont pas forcément la même intensité", résume l'organisme public français de recherche Inserm.
Au fil d'une évolution de plusieurs années, le patient perd peu à peu une large partie de sa capacité à bouger et peut, au stade final, devoir rester alité ou vivre en chaise roulante.
Auparavant, toutefois, "le diagnostic de la maladie de Parkinson est délicat car les symptômes apparaissent insidieusement et aucun n'est réellement spécifique ou systématiquement présent", souligne l'Inserm.
A ce titre, les spécialistes rappellent régulièrement que la maladie est loin de se résumer aux tremblements, le symptôme le plus connu par le grand public.
Qu'est-ce qui provoque cette maladie ? On sait qu'elle est liée à la disparition progressive des neurones générant la dopamine, un neurotransmetteur. Cette dégénérescence, dont on ignore les causes premières, se fait insidieusement et quand les symptômes apparaissent, les neurones concernés ont déjà largement été touchés.
Les traitements existants se concentrent donc sur la dopamine. Le plus courant, la L-dopa, stimule la production de celle-ci dans le cerveau. Mais il présente d'importants effets indésirables, avec des mouvements incontrôlés, et il n'interrompt pas la maladie.
D'autres médicaments, dits agonistes, visent plutôt à accentuer la manière dont l'organisme répond à la dopamine déjà produite par ses soins. Mais ils présentent d'importants risques de troubles du comportement.
De récentes études ont mis en évidence le rôle potentiel d'une protéine, l'alpha-synucléine, qui s'accumule dans le cerveau de patients atteints de certaines formes de la maladie.
Beaucoup de chercheurs soupçonnent néanmoins que le déclencheur de la maladie n'est pas à chercher dans le cerveau, mais d'autres parties du corps comme l'intestin ou le nez. L'incertitude demeure néanmoins.
On sait, en tout cas, que la maladie n'a qu'une faible composante génétique: seuls 15% des malades ont des antécédents familiaux, selon l'Inserm. Parmi les facteurs de risques, un lien a été clairement établi avec l'exposition à certains pesticides.
L.Girard--SMC