Au bout d'une saison de rêve, Lens tient sa première Coupe de France
Lens a trouvé une fin idéale à sa saison écrite comme un conte de fée en remportant sa première Coupe de France aux dépens de Nice (3-1), vendredi soir au Stade de France.
Dans le déroulement du match, cela n'a pas été le plus beau chapitre de ce livre de sang et d'or en raison du manque de maîtrise et d'une fébrilité palpable par moments, mais ces dernières lignes ont été vécues comme un soulagement par le Stade de France, aux trois quarts lensois.
Seul champion de France à n'avoir jamais gagné la Coupe jusqu'à présent, le club du bassin minier a enfin soulevé ce trophée après trois échecs en finale (1948, 1975 et 1998).
La récompense d'une saison 2025-2026 aussi belle qu'inattendue, où le club de l'Artois s'est invité dans une improbable course au titre en Ligue 1 avec le Paris Saint-Germain, finissant deuxième malgré un effectif largement renouvelé en un an et demi, un budget amoindri et bien inférieur à d'autres cadors du championnat, et l'arrivée d'un nouvel entraîneur, Pierre Sage, l'été dernier.
Tous les objectifs artésiens auront été surpassés, de la qualification en Ligue des champions à cette victoire sur la scène nationale.
Celui de Nice est ailleurs: se maintenir en Ligue 1 en dominant Saint-Étienne lors des barrages qui l'attendent dans quelques jours, et sauver une saison sinon désastreuse.
- Florian Thauvin en meneur -
Cela n'a pas empêché le Gym de jouer sa carte à fond, comme le souhaitait son entraîneur Claude Puel avant la rencontre, faisant douter Lens, qui a porté comme un lourd tribut l'étiquette de favori devant un public acquis à sa cause, plus encore qu'au stade Bollaert (environ 38.200 places).
Loin de leur antre, comble pour assister au match sur des écrans géants, les Artésiens sont entrés trop timidement dans leur finale, manquant des contrôles, perdant des duels, surtout dans les lignes arrières où figuraient deux jeunes formés à La Gaillette: Ismaëlo Ganiou et Kyllian Antonio, et un gardien, Robin Risser, à peine plus expérimenté.
Appelé par le sélectionneur des Bleus Didier Deschamps pour disputer le Mondial-2026, Risser a d'ailleurs dû s'employer devant Sofiane Diop (21e) puis Dante (22e).
Alors Lens s'en est remis à ses patrons, Florian Thauvin en tête. Absent de la liste de l'équipe de France, le N.10 lensois voulait une Coupe de France à défaut de la Coupe du monde. Il l'a montré en s'arrachant pour récupérer un centre de Matthieu Udol avant d'ouvrir le score d'une frappe croisée (25e).
Qui d'autre qu'Udol, auteur de dix passes décisives cette saison, pour amener ce but? Puis ce fut au tour d'une autre taulier, Odsonne Edouard, de doubler le score d'une reprise de la tête (42e) après un corner de Thauvin, encore.
Mais Lens n'a pas pour autant dominé son sujet, et s'est relâché dans les dernières minutes du premier acte, ce dont a profité Nice pour réduire le score grâce à Djibril Coulibaly (45e+3) après un corner.
- Coulibaly surprise niçoise, Sima joker lensois -
Surprise du onze de départ niçois, le milieu de terrain de 17 ans a été le plus jeune joueur à disputer une finale de Coupe de France au 21e siècle selon le statisticien Opta.
La deuxième période a ressemblé en de nombreux points à la première, et Nice a continué à bousculer les Lensois, pourtant poussés par "Les Corons" de Pierre Bachelet à leur retour des vestiaires, comme à Bollaert.
Antoine Mendy a failli égaliser en trouvant la barre transversale lensoise (61e).
Alors Pierre Sage a renouvelé toute sa ligne offensive à partir de l'heure de jeu, lançant notamment Abdallah Sima en pointe à la place d'Odsonne Édouard. Pari gagné: c'est l'international sénégalais qui a inscrit le but de la délivrance en dominant au duel Antoine Mendy (78e).
Le score n'a plus changé, malgré une nouvelle tentative niçoise sur le poteau, cette fois de Kevin Carlos (84e).
Et Lens est allé au bout de son rêve, au pays des merveilles que promettait au vainqueur la garde républicaine en jouant "Emmenez-moi" de Charles Aznavour avant le coup d'envoi.
J.Campbell--SMC