Tour de France: Demi Vollering, le pari gagnant de la FDJ
Accueilli avec son lot de doutes en janvier 2025, le mariage entre la formation française FDJ United-Suez et la star néerlandaise Demi Vollering a connu un aboutissement dimanche à Nice avec un premier succès sur le Tour de France pour une équipe de l'Hexagone.
"J'aime bien les belles histoires. Et celle-ci en est une", a dit Vollering.
"Le Tour, ça représente tout", s'est félicité le manager général de l'équipe, Stephen Delcourt alors que la maillot jaune a prolongé au printemps dernier son contrat jusqu'à fin 2028.
Ce n'était pourtant pas gagné d'avance. La greffe allait-elle prendre entre une équipe en pleine progression mais encore émergente, bâtie au départ à partir d'une structure associative, et une coureuse néerlandaise réputée exigeante débarquée de l'armada SD Worx où elle bénéficiait d'un encadrement ultra-professionnel ?
Une formation qu'elle avait quittée au terme d'une cohabitation compliquée avec d'autres leaders au fort tempérament (notamment la Belge Lotte Kopecky) avant de se retrouver au milieu de coureuses françaises d'abord circonspectes.
En particulier Juliette Berthet, arrivée en qualité de leader en provenance de DSM quelques semaines avant Vollering qu'elle ne s'attendait sans doute pas à voir endosser elle aussi le maillot bleu de la formation poitevine.
"C'est vrai que cela a été difficile pour Juliette. Mais elle a rapidement compris qu'il valait mieux avoir Demi avec soi plutôt que contre soi...", explique régulièrement Stephen Delcourt.
Et Vollering a vite emporté l'adhésion de ses équipières grâce à son attitude fédératrice.
-- "Elle redéfinit ce qu'est une leader moderne" --
"Demi, ce n'est pas quelqu'un qui donne des ordres ou qui a besoin de parler fort. Juste son charisme, son naturel, sa joie de vivre et ses petits mots à chaque membre du staff font qu'aujourd'hui elle emmène tout le monde", expliquait à l'AFP Stephen Delcourt en mai dernier à l'annonce de la prolongation de contrat de la coureuse.
FDJ est restée un "belle famille", abonde la Varoise Jade Wiel, absente du Tour mais venue saluer ses équipières samedi à Nice.
Le groupe a aussi été "tiré vers le haut par Demi", insiste-t-elle.
Staff, matériel, diététique, encadrement psychologique, sponsors renommés: la Néerlandaise a en effet "haussé le niveau d'exigence", selon Evita Muzic, l'une des trois leaders de l'équipe qui expliquait à l'AFP à la veille du départ du Tour "n'avoir aucun mal à mettre ses ambitions personnelles de côté pour aller chercher le maillot jaune avec Demi".
Très engagée sur le thème de la santé mentale des athlètes, Vollering s'est souvent plainte d'une sévérité excessive de la presse de son pays à son égard.
En France, "Demi a trouvé un environnement plus protecteur, structuré autour d'un leadership incontesté et d'un projet humain fort", rappelait récemment son compagnon depuis dix ans Jan de Voogd.
Et l'histoire d'amour risque de durer.
"Demi est une athlète hors normes, au sommet de son art. Mais ce qui nous touche et nous rend le plus fiers va bien au-delà de ses victoires. Demi est une femme qui change notre sport", assure son patron Stephen Delcourt.
"Par son exigence, sa sensibilité, son authenticité et sa manière d'embarquer les autres avec elle, elle redéfinit ce qu'est une leader moderne. Elle inspire ses coéquipières, elle inspire les fans, elle inspire toute une génération (...) Elle ne gagne pas seulement des courses: elle montre un chemin".
Si ça, ce n'est pas une déclaration...
L.Côte--SMC