Ferveur et batailles acharnées au départ de l'UTMB
"On sent une ferveur particulière". Encouragés par des milliers de spectateurs déchaînés, les coureurs de la 23e édition de l'Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB) se sont élancés vendredi de Chamonix pour un périple éreintant de 174 km.
La pluie qui s'est abattue toute la journée sur la place du Triangle de l'Amitié s'est arrêtée quelques minutes seulement avant le coup d'envoi, à 19h45, de l'épreuve reine des courses en montagne.
Comme chaque année, les notes de l'envoûtant "Conquest of Paradise" et les applaudissements ont accompagné les premières foulées de quelque 2.500 athlètes, qui partent affronter une boucle autour du Mont-Blanc comptant 10.000 m de dénivelé positif.
A 23h00, à l'entame de l'ascension du Col du Bonhomme -la première grosse difficulté du parcours-, la tête de course a profité d'un dernier bain de foule, avant de disparaître dans la nuit pour un tronçon de 50 km en solitaire.
"C'est ici qu'il y a le plus d'ambiance, on sent une ferveur particulière", a expliqué à l'AFP Jean-François Roche, venu d'Isère avec sa femme et son fils dès 17h30 dans la montée de Notre-Dame-de-La-Gorge.
"On va rester ici et ensuite on repartira au matin pour accueillir les coureurs à leur retour en Suisse à Trient, par passion du trail", a-t-il raconté.
Un quatuor, composé des Français Baptiste Chassagne et Vincent Bouillard et des Américains Ben Dhiman et Zach Miller, avançait groupé depuis le départ trois heures plus tôt.
A 23h30, le leader américain Ben Dhiman n'affichait que deux minutes d'avance environ sur ses compatriotes Zach Miller et Chris Myers, ainsi que le Français Baptiste Chassagne.
Chez les femmes, la Française Blandine L'Hirondel, l'Australienne Lucy Bartholomew et l'Américaine Rachel Entrekin se livraient une bataille acharnée.
Aux Houches, une dizaine de kilomètres après le départ, comme aux Contamines un peu plus loin, des milliers de spectateurs étaient rassemblés le long de la route avec des banderoles, casseroles et drapeaux dans une ambiance familiale pour encourager les coureurs.
- Départ chamboulé -
Après les orages de la fin de journée, la nuit s'annonçait un peu plus clémente pour les engagés, même si des températures négatives étaient attendues en haute altitude.
Initialement prévu à 17h45, le départ a été retardé de deux heures en raison d'un épisode orageux, et pour que la météo soit moins difficile à négocier quand les leaders atteindront les sections les plus élevées.
Le parcours de cette 23e édition a aussi été légèrement modifié et ne passera plus par les Pyramides calcaires, point culminant du tracé habituel.
"La sécurité des coureurs ne se discute pas. Nous avons attendu la dernière prévision fiable pour trancher", a déclaré Isabelle Viseux-Poletti, directrice de la course.
Les plus rapides effectueront la course en environ 20 heures, soit une arrivée prévue samedi en milieu d'après-midi. Les plus lents sont obligés de terminer le tracé en moins de 46h30 afin d'être "finishers".
L'UTMB est le point d'orgue d'une semaine de compétition qui compte désormais huit courses, rassemble 10.000 coureurs et bien davantage de spectateurs, au risque d'agacer les locaux et de saturer la vallée.
La course féminine marque le grand retour de Courtney Dauwalter, triple lauréate de l'épreuve (2019, 2021, 2023) et considérée comme la plus grande traileuse de tous les temps. Elle pointait à la 6e position peu après 23h.
Le local Baptiste Chassagne s'est lui entraîné pendant deux ans dans l'objectif de gagner. L'Américain Ben Dhiman, dauphin de Tom Evans l'an dernier, ambitionne aussi de jouer les tout premiers rôles.
K.Morrison--SMC