L2 : Kita ne vendra pas le FC Nantes à Phenix Capital, un projet "pas sérieux"
Trois semaines après la signature d'un accord de principe avec Phenix Capital pour la vente du FC Nantes (Ligue 2), le propriétaire du club, Waldemar Kita, a fait volte-face jeudi, estimant finalement que leur projet n'était "pas sérieux".
L'homme d'affaires et la société de l'intermédiaire franco-portugais Paulo Tavares, étaient entrés en négociations exclusives le 28 septembre après des mois de discussions plus ou moins concrètes.
Tavares affirmait représenter des investisseurs français, portugais et luxembourgeois prêts à débourser près de 100 millions d'euros.
De quoi séduire Waldemar Kita, lassé après 19 ans à la tête des Canaris.
Il restait cependant une étape de taille à franchir : le passage devant le gendarme financier du football français, la DNCG.
Une échéance d'autant plus délicate que, depuis la promulgation de la nouvelle loi sur la gouvernance dans le sport, début août, les pouvoirs de contrôle de la DNCG se sont accrus, même si l'organe ne peut, formellement, stopper la transaction.
L'obstacle aura été trop haut pour Tavares et son entreprise.
"Malgré de multiples demandes et les délais accordés (...) le candidat à la reprise et ses conseils n'ont pas été en mesure d'apporter les garanties financières annoncées, ni de constituer le dossier complet indispensable à la validation d'une telle opération", explique le FC Nantes dans son communiqué.
- Tout sauf une surprise -
"M. Waldemar Kita a pris la décision de mettre un terme à toutes les discussions en cours, le projet de reprise n’étant manifestement pas sérieux", ajoute le club qui assure prendre cette décision "avec regret et étonnement".
En dehors du clan Kita peut-être, cet épilogue ne surprendra pourtant presque personne tant les signaux guère rassurants étaient nombreux, à commencer par le prix proposé.
Nantes, qui évolue cette saison en Ligue 2, n'est propriétaire ni de son stade ni de son centre d'entraînement qui nécessiteront tous deux des investissements importants dans les années à venir.
Cent millions d'euros, même avec certains bonus, comme une remontée rapide en Ligue 1, semblait un montant pour le moins fantasque, tout comme ses promesses de faire de l'ancien joueur du Real Madrid, Marcelo, ou du rappeur Snoop Dogg des "ambassadeurs" du club.
Le passé de Tavares n'incitait pas non plus à l'optimisme, lui qui avait déjà été impliqué dans des tentatives ratées d'acquisitions de clubs français comme Valenciennes ou Saint-Etienne.
Âgé de 62 ans, il s'était fait un nom au début des années 2010 en intervenant sur des transferts -- il n'a jamais été officiellement un agent --, notamment celui de l'entraîneur Leonardo Jardim à Monaco en 2014.
- D'autres pistes relancées ? -
Mais son nom apparaissait aussi dans des histoires moins reluisantes : l'organisation d'un match de gala avec Diego Maradona et d'anciennes gloires du ballon rond, en Tchétchénie, en 2011, qui était surtout une opération de propagande pour le leader local Ramzan Kadyrov, ou le rachat de Neuchâtel Xamax par le milliardaire tchétchène Bulat Chagaev, la même année, qui s'était achevé neuf mois plus tard par la faillite du club suisse.
Cette nouvelle vente avortée n'est d'ailleurs pas sans rappeler juin 2019 quand Kita avait déjà signé un protocole d'accord avec un fonds d'investissement britannique, LFE Football Group, pour 80 à 100 M EUR, avant de faire machine arrière trois semaines plus tard, faute de garanties suffisantes, juste avant le passage devant la DNCG.
Si le communiqué ne dit rien des intentions de Waldemar Kita, alors que deux autres dossiers de reprise étaient sur les rangs quand il s'était tourné vers Phenix Capital, le dirigeant affirme que sa "priorité a toujours été d’assurer la stabilité et le développement du FC Nantes et de veiller à ses intérêts et à ceux de ses salariés".
Pour cela, il devra trouver un acquéreur potentiel plus fiable et peut-être se montrer plus raisonnable sur le prix de vente du FCNA, dans un contexte difficile pour le football français qui souffre financièrement de l'effondrement des droits TV.
D.Fraser--SMC